Typologie des microphones
Tous
les micros sont conçus dans un même but : convertir des variations
de pression sonore en signaux électriques. Les différentes technologies
qui existent présentent chacune des avantages propres, en fonction de
l’emploi du micro. Ce dossier passe en revue les mérites de divers
types de micros, tailles de capsule, directivité, composants électroniques,
etc.
Il existe aujourd’hui trois principaux types de microphones :
- Dynamiques.
- A ruban.
- A condensateur.
Chacun d’entre eux présente des caractéristiques uniques
appropriées pour diverses applications, que nous verrons dans ce dossier.
Microphones dynamiques

Dans les micros dynamiques, la pression sonore déplaçant
le diaphragme entraîne l’action d’une bobine mobile située
dans le champ magnétique afin de produire un signal électrique.
|
Le fonctionnement des micros dynamiques, ou à bobine mobile, est le plus
simple à comprendre. Comme l’apprennent les enfants à l’école
primaire [aux USA], cette technologie classique fonctionne à l’inverse
de celle des haut-parleurs ordinaires. Un diaphragme en plastique ou en métal
est fixé à une bobine en cuivre, située dans un champ magnétique.
Les ondes de pression sonore qui percutent le diaphragme provoquent son déplacement,
qui entraîne à son tour celui de la bobine située dans le
champ magnétique. Les variations magnétiques qui en résultent
se traduisent par des variations électriques correspondant généralement
aux variations physiques de l’onde sonore d’origine.
Du fait de la nécessité de fixer la bobine directement au diaphragme,
les diaphragmes des micros dynamiques sont plus épais. En conséquence,
l’enregistrement est moins précis qu’avec des microphones à
ruban ou à condensateur (voir plus loin). Ces mêmes spécificités
de conception permettent toutefois de tirer parti de la plus grande quantité
de pression sonore possible avant distorsion et procurent la plus haute résistance
qui soit aux mauvais traitements. Les micros dynamiques sont galement les plus
faciles et les moins onéreux à fabriquer. Par ailleurs, ils ont
tendance à colorer le son entre 5 kHz et 10 kHz, et donnent un son plus
fin dès lors qu’ils sont à plus de 30cm de distance de la source
sonore.
C’est pour toutes ces raisons qu’on utilise le plus souvent les micros
dynamiques sur scène. En effet, c’est en direct que les micros sont
les plus susceptibles d’être soumis à de multiples tortures
: volumes élevés, sueur, intempéries, chocs, chutes, etc.
En studio, les micros dynamiques sont le plus souvent utilisés pour la
prise de son rapprochée des batteries, en raison des risques de coups de
baguette intempestifs. Les micros dynamiques à grand diaphragme sont souvent
employés pour l’enregistrement des grosses caisses à cause
des niveaux de pression sonore élevés de ces dernières. Les
modèles Shure SM57 et SM58 sont des micros dynamiques très répandus.
Microphones à ruban

Dans les microphones à ruban, les ondes sonores font vibrer une
fine bande de métal à l’intérieur d’un champ
magnétique, afin de produire un courant. |
Les micros à ruban constituent un autre type de microphone dynamique, différent
cependant des micros à bobine mobile : une très fine bande de métal
suspendue entre les pôles d’un puissant aimant bouge en réaction
aux ondes sonores, traversant ainsi le champ magnétique et déclenchant
la création d’un flux d’électrons. La sortie basse tension
qui en résulte est envoyée, en général, via un transformateur
par changement de tension, vers le câble du micro. La très faible
épaisseur du ruban fait que ce type de micro est très sensible,
en particulier dans le cas de fréquences sonores extrêmement basses.
Les micros à ruban sont le plus souvent utilisés pour la prise de
son rapprochée et, parce qu’ils sont les plus fragiles et les plus
coûteux, sont généralement réservés pour les
situations très contrôlées.
A l’instar des micros dynamiques à bobine mobile, les micros à
ruban colorent le son et pour cette raison
sont fréquemment utilisés pour réchauffer les sons claironnants.
(Ils sont parfaits pour enregistrer les saxophones
par exemple). Ils ont par ailleurs tendance à générer des
sorties de niveau très bas, ce qui nécessite
un gain électronique plus élevé et donc des préamplificateurs
haute qualité pour éviter du bruit de fond. Les RCA 44
et 77 ainsi que les micros de la gamme Royer sont des micros à ruban classiques.
Microphones à condensateur

Dans les micros à condensateur, les ondes sonores percutant le
diaphragme modifient la capacitance dans le champ entre le diaphragme chargé
et la plaque arrière. |
Les microphones à condensateur sont les plus usités en studio. Leur
mince diaphragme conducteur est suspendu au-dessus d’une plaque arrière,
ce qui forme un fin condensateur flexible. Lorsque les ondes sonores stimulent
le diaphragme, la distance entre ce dernier et la plaque arrière varie
et avec elle la capacitance. Cette variation de capacitance produit à son
tour une variation de la tension. Le circuit associé convertit ces modifications
de tension en un signal qui est envoyé au préamplificateur. La puissance
requise par ce type de micro est assurée par l’alimentation fantôme
48 volts, fournie en général par les préamplis et les entrées
de mélangeur.
Les diaphragmes des micros à condensateur sont en métal extrêmement
fin ou en plastique métallisé d’une épaisseur similaire
à celle des films plastiques alimentaires. Cette finesse donne à
la bande passante des micros à condensateur une très grande précision
et rend ces derniers extrêmement sensibles aux transitoires, par exemple
au premier son de claquement produit par une baguette sur une caisse claire. Outre
le fait que les micros à condensateur sont ceux qui transmettent le moins
de coloration acoustique, le champ de leur sensibilité est bien plus étendu
que celui d’autres micros, permettant ainsi davantage de souplesse. Cette
meilleure sensibilité donne aussi la possibilité à l’ingénieur
du son de mieux capter l’ambiance de la pièce, chose qui peut considérablement
contribuer au réalisme de l’enregistrement.
Les micros à condensateur sont plus fragiles que les micros dynamiques
à bobine mobile mais plus résistants que les micros à ruban.
En raison de leur sensibilité aux bruits basses fréquences et de
la fragilité de leur diaphragme, les micros à condensateur sont
toujours utilisés avec une suspension élastique souvent associée
à un filtre anti-pop. Les caractéristiques acoustiques des condensateurs
et la nécessité d’une TLC font qu’ils sont les plus adaptés
pour les enregistrements de studio. Ceci ne signifie pas pour autant que les micros
à condensateur ne peuvent pas dans certains cas être utilisés
sur scène, mais que l’environnement doit être contrôlé
comme dans les spectacles professionnels où les câbles sont fixés,
les micros munis d’une suspension élastique anti-vibrations et l’accès
à la scène réservé au personnel professionnel.
La technologie des condensateurs étant plus sophistiquée et demandant
un temps de fabrication plus long que celle des micros dynamiques, les condensateurs
de bonne qualité sont comparativement plus onéreux. Les micros à
condensateur sont idéaux pour enregistrer voix, guitares acoustiques, pianos,
instruments d’orchestre, saxophones, percussions et effets sonores. Le Neumann
U47, l’AKG 414 et les modèles de la gamme Groove Tubes GT sont quelques-uns
des micros à condensateur les plus répandus. Les micros à
condensateur étant les plus utilisés en studio, nous nous concentrerons
dans la suite de ce guide sur les applications de ce type de micro.
Taille des capsules
La capsule d'un microphone abrite le très important assemblage du diaphragme,
qui transforme la pression sonore en signal électrique. La capsule des
micros à condensateur peut être de plusieurs tailles : petite, moyenne
ou grande. En général, la bande passante est fonction de la taille
du diaphragme. Prenons lexemple des haut-parleurs et observons ce qui se
produit en fonction de leur taille. Plus les woofers sont gros, plus ils sont
à même de générer des basses fréquences et moins
ils peuvent produire des hautes fréquences. En règle générale,
il en va de même du diamètre des micros (avec quelques réserves
que nous évoquerons un peu plus loin).

Sans intervention, plus la taille du diaphragme
augmente, moins les microphones sont linéaires. |
Habituellement, le rapport signal-bruit du micro dans son ensemble est en partie
fonction de la taille du diaphragme. Plus la taille du diaphragme est importante,
plus sa sensibilité potentielle à la pression sonore est grande
et plus le signal en sortie est puissant. En conséquence, les grands diaphragmes
présentent fondamentalement de meilleurs rapports signal / bruit que les
petits diaphragmes.
Capsules de petite taille
Généralement, on parle de capsules de petite taille lorsque le diamètre
de leur diaphragme mesure moins denviron 1,25 cm. De manière indiscutable,
elles sont extrêmement précises dans toute la gamme audible allant
de 20 Hz à 20 kHz. Cependant, le faible rapport signal-bruit des petites
capsules implique de recourir à des ruses électroniques et les rend
plus utiles pour la prise de mesures que pour lenregistrement.
Capsules de taille moyenne
Les diaphragmes des capsules de taille moyenne mesurent environ entre 1,25 cm
et 2 cm. Lorsquelles sont correctement conçues et fabriquées,
elles présentent généralement une bande passante plate allant
denviron 20 Hz à 18 kHz. Leurs diaphragmes sont également
suffisamment gros pour générer des rapports signal-bruit tout à
fait acceptables dans le cadre dune utilisation professionnelle. Parmi les
micros à capsule de taille moyenne de la marque Groove Tubes, par exemple,
on trouve le GT33 et le GT44, dont la capsule mesure 2 cm.
Capsules de grande taille
Les diaphragmes des capsules de grande taille mesurent de 2 cm à 2,5 cm,
voire plus encore*. Les diaphragmes les plus gros générant habituellement
de meilleurs rapports signal-bruit et une plus grande sensibilité, sans
que lapplication de gain supplémentaire ne soit nécessaire,
on considère généralement que plus ils sont gros, mieux cela
vaut. Les grandes capsules génèrent également des basses
fréquences plus précises, chose qui sapprécie sur le
papier lors de tests en laboratoire, mais aussi et surtout à lécoute.
Les capsules de grande taille présentent un effet de proximité (particulièrement
avec la directivité cardioïde) qui se traduit par le fait que le son
devient plus explosif à mesure quelles sont approchées
de la source sonore. Parmi les micros Groove Tubes à gros diaphragme, on
trouve les modèles 1B, 1B-FET, GT55, GT57, GT66 et GT67.
Comme pour les haut-parleurs et les diaphragmes de grande taille (voir plus haut),
la bande passante des grandes capsules a tendance à tomber à partir
de 14 kHz. Cette déficience, qui peut être acceptable dans bien des
cas, peut générer un manque déclat avec les sources
sonores contenant de nombreuses hautes fréquences.
* Sachez que, pour des raisons de marketing, chaque fabricant fixe des catégories
de taille différentes de celles de ses concurrents. Limportant est
donc de connaître le diamètre du diaphragme.
Extension de la réponse en fréquences
élevées des micros grande capsule
Latténuation des hautes fréquences entraînée
par les micros à grand diaphragme pose un problème que les concepteurs
de micros cherchent à résoudre depuis des années. Ce problème
est fondamentalement le suivant : les diaphragmes les plus gros ont une masse
supérieure aux diaphragmes les plus petits; il leur est donc plus difficile
de réagir aux ondes sonores haute fréquence, qui vibrent plus rapidement.
Lune des solutions employées par certains fabricants est de couper
les autres fréquences, puis de renforcer le signal dans son ensemble. Linconvénient
de cette solution est que cela requiert lemploi de davantage de composants
électroniques, ce qui en général augmente le bruit de fond
au niveau du circuit. Les ingénieurs de Groove Tubes ont trouvé
un moyen détendre la réponse hautes fréquences qui
ne comporte pas cet inconvénient : le "Disk Resonator" (en français,
résonateur sphérique), qui est une sorte de petit parapluie en cuivre,
placé au centre des diaphragmes de nos micros à grosse capsule GT57
et GT67. Il sert à renforcer légèrement la sensibilité
du diaphragme aux ondes sonores les plus courtes, ce qui permet à ce dernier
de réagir de manière plus précise aux hautes fréquences.
Directivités

L’effet de proximité produit, dans les fréquences
moyennes et basses, un signal de sortie plus ou moins grand, en fonction
de l’augmentation de la distance entre le microphone et la source sonore. |
Le terme directivité est employé pour décrire la réaction
d’un micro aux sources sonores provenant de plusieurs directions. Chacune
des directivités a sa place et son utilisation dans le processus d’enregistrement.
Veuillez noter que la définition classique de la directivité s’applique
le mieux lorsque les sons atteignent le micro dans l’axe, c’est-à-dire
lorsqu’ils sont perpendiculaires à la surface plane du diaphragme.
En général, plus les fréquences son hautes, plus les micros
deviennent “directionnels”. Autrement dit, les capsules sont généralement
moins sensibles aux hautes fréquences qui ne sont pas dans l’axe.
Ce phénomène est habituellement plus significatif avec les grosses
capsules qu’avec les petites.
Directivité cardioïde
La directivité cardioïde est probablement la plus répandue.
C’est sa ressemblance avec la forme d’un cœur qui lui a donné
son nom.

|
| Les directivités cardioïdes sont plus sensibles
sur l’un des deux côtés de la capsule |
Les directivités omni sont sensibles aux sons provenant
de toutes les directions. |
Les microphones cardioïdes sont unidirectionnels, c’est-à-dire
qu’ils reçoivent le son principalement à l’avant de la
capsule. L’arrière de la capsule rejette les sons qui lui parviennent,
permettant ainsi à l’ingénieur du son d’isoler la source
des signaux d’autres sons et bruits de fond. Les diagrammes cardioïdes
présentent généralement un effet de proximité (remarquable
davantage avec les capsules les plus grosses) c’est à dire, un accroissement
des fréquences moyennes-basses à mesure que la distance entre la
source sonore et le micro se réduit. L’effet de proximité est
plus significatif lorsque l’on est en présence de grosses capsules
et de fréquences basses.
Directivité omni
Comme son nom le suggère, le diagramme omnidirectionnel ou “omni”
recueille les sons provenant de toutes les directions avec la même précision.
Les micros omnidirectionnels permettent de capturer la résonance de la
salle ainsi que la source sonore, et produisent un son plus ouvert comparé
à la qualité de captation plus “directionnelle” des cardioïdes.
L’omni offre d’excellents résultats avec les ensembles vocaux,
les effets sonores et les instruments acoustiques au son réaliste, lorsque
la dimension acoustique de l’environnement d’enregistrement est souhaitable.
L’omni fournit également un effet de proximité bien moins important
que les cardioïdes.L’une des conséquences est qu’il est
quelque peu moins sensible aux mouvements d’un chanteur agité par
exemple. Une autre conséquence est qu’il requiert moins d’égalisation.
Comme mentionné plus haut, toutefois, si les omnis sont capables de capturer
les sons dans un rayon de 360 degrés, ils ont tendance à devenir
plus directionnels à mesure que les fréquences augmentent, et ce
particulièrement avec les grandes capsules.
Directivité en 8 ou bidirectionnelle
La directivité en 8 ou bidirectionnelle est sensible sur les deux faces
opposées du micro et rejette les sons venant sur les côtés.
Comme les directivités cardioïdes, elle présente un effet de
proximité.

|
| Les directivités en 8 sont sensibles aux deux faces
opposées et permettent de rejeter fortement les sons hors axe venant
à 90 degrés. |
La directivité super-cardioïde est encore
plus focalisée que la cardioïde. |
Le diagramme en 8 est parfait pour l’enregistrement de duos ou d’interviews
face à face avec un seul micro. Le rejet latéral des sons à
-40dB est également idéal pour isoler un instrument telle qu’une
caisse claire du reste d’une batterie. En outre, ce type de directivité
est l’un des éléments clé de la prise de son M/S (mid-side),
une technique d’enregistrement stéréo avancée que nous
évoquerons dans un autre dossier sur les microphones.
Directivité super-cardioïde
La directivité super-cardioïde présente un champ de sensibilité
encore plus étroit que le diagramme cardioïde classique et s’utilise
pour les enregistrements très “focalisés”. Il est parfait
lorsque l’on souhaite capturer le point d’enregistrement idéal
d’instruments tels que le piano ou certains éléments de la
batterie. Les super-cardioïdes sont également parfaits pour les enregistrements
en direct, où il est très important d’isoler les différentes
sources, par exemple quand il s’agit d’éviter que les signaux
de la voix et de l’instrument joué par le chanteur “débordent”
l’un sur l’autre.
Microphones à directivité fixe vs. microphones
multi-directivité
 |
Dans les microphones multi-directivité, deux cardioïdes
sont combinées de différentes manières afin de créer
d’autres directivités. |
Les micros dont la fabrication est la moins onéreuse sont les micros à
directivité fixe. Avec les cardioïdes, des ouvertures à l’arrière
de la capsule produisent les effets physiques d’un diagramme unidirectionnel.
Il s’agit donc d’une directivité fixe. En scellant l’arrière
de la capsule on peut obtenir une autre directivité fixe, en ce cas ci
un diagramme omnidirectionnel. Les super-cardioïdes emploient quant à
eux une architecture différente. Dans la plupart des cas, le bloc électronique
étant différent d’une directivité à l’autre,
il est difficile de produire des micros à capsules interchangeables.
Pour intégrer plusieurs directivités dans un seul micro, le secret
est de placer deux cardioïdes dos à dos tout en utilisant diverses
astuces électroniques. Une directivité omnidirectionnelle peut être
obtenue en reliant deux cardioïdes dos à dos en phase l’un avec
l’autre. Ces deux mêmes cardioïdes, opposés et reliés
de manière déphasée, donnent un diagramme en 8 ou bidirectionnel*.
En procédant au réajustement de la polarité et du niveau
sortie, on obtient un super-cardioïde. Si deux blocs diaphragme/plaque arrière
haute qualité augmentent le coût, c’est une solution qui offre
les meilleures performances en directivité et qui revient bien moins cher
que d’acheter plusieurs micros afin de disposer d’un choix de directivités.

Tous les microphones sont moins sensibles aux hautes fréquences
hors axes (voir exemple omni). |
Les micros à gros diaphragme de Groove Tubes intègrent ce type de
capsule. Le GT57 et le GT67 emploient une paire opposée de blocs diaphragme/plaque
arrière, permettant ainsi la sélection de plusieurs directivités
à l’aide d’interrupteurs placés sur le corps des micros.
Les modèles GT55 et GT66 sont des cardioïdes fixes qui utilisent chacun
un seul bloc diaphragme/plaque arrière.
*
Conseil : sachez que le câblage déphasé des deux
côtés d’une capsule en 8 peut jouer des tours aux profanes.
Un
côté peut sonner de manière étrange pour le chanteur
monitorisant le signal du micro à l’aide d’un casque. La raison
est que l’un des deux côtés du micro est en phase avec l’interprète
(ce qui renforce sa perception de sa propre voix)
et l’autre ne l’est pas. Les meilleurs résultats de monitorage
sont obtenus lorsqu’on parle sur le côté qui est en phase.
Modèles à prise de son frontale vs. modèles à prise de son latérale

Modèles de microphones à prise de son frontale et latérale. |
L’orientation du diaphragme dans la tête du micro détermine
si la source sonore doit être placée en haut ou sur le côté
du micro. Même si on ne peut parler de règle en la matière,
avec les diaphragmes de taille moyenne, la prise de son se fait généralement
par le haut tandis qu’avec les gros diaphragmes, la prise de son est plutôt
latérale. Comme vous pouvez en déduire suite à la lecture
du chapitre sur les différentes directivités, les micros à
prise de son frontale ont généralement une directivité fixe
(du moins lorsque leur capsule n’est pas changée) tandis que les micros
à prise de son latérale donnent la possibilité de mettre
leurs capsules dos à dos afin que soient créés des directivités
interchangeables.
NB : sur les micros à prise de son latérale, le côté
où se trouve le logo est le côté principal ou cardioïde.
Indépendamment des directivités utilisées, l’aspect
pratique des micros à prise de son latérale et à prise de
son frontale est aussi lié à la logistique. Les micros à
prise de son frontale peuvent généralement trouver une place dans
des endroits bien plus étroits, entre les éléments d’une
batterie par exemple, que les micros à prise de son latérale. Cela
explique entre autres pourquoi les ingénieurs du son professionnels ont
toujours plusieurs types de micros dans leur boîte à micros !
Composants électroniques des micros
Comme nous lavons vu précédemment, la capsule des micros est
chargée de transformer les ondes sonores en signaux électriques.
Lautre composant important des micros est le préamplificateur, qui
traite les sons provenant de la capsule afin quils puissent être transmis
via un câble à un préampli ou à une console externes.
Le rôle du préamplificateur est en partie deffectuer la conversion
de limpédance. (Consultez Un mot à propos de limpédance
pour davantage dinformations au sujet de limpédance). Le transformateur
dadaptation classique des micros dynamiques ou à ruban doit convertir
de lordre de plusieurs milliers dohm en environ 200 ohm, ou un demi
ohm en environ 200 ohm. Les micros à condensateur relèvent un défi
dune autre ampleur : convertir des signaux de lordre de deux milliards
dohm en 200 ohm. Ce grand écart est hors de portée de la plupart
des transformateurs de sortie, qui requièrent pour cela laide dun
amplificateur spécialisé.
Les amplificateurs et/ou transformateurs de sortie servent en quelque sorte de
traducteurs. Or en audio, on attend dune traduction quelle soit parfaite
afin que les bandes passantes, les plages dynamiques et les rapports signal-bruit
restent constants. Tout comme un traducteur professionnel est plus coûteux
quune personne qui na étudié les langues étrangères
quà lécole, les amplificateurs et transformateurs de
sortie de qualité professionnelle sont plus chers que ceux de qualité
ordinaire. (Un seul transformateur du genre de ceux employés pour chaque
canal des consoles professionnelles peut être plus onéreux quun
mélangeur multicanal complet bon marché).
Lampes vs. solid-state
Un mot à propos de limpédance
Limpédance décrit principalement la résistance
à lintérieur dun circuit. Le flot délectrons
à travers un câble peut facilement se comparer à celui
de leau dans un tuyau. Imaginons une pompe conçue pour faire
passer 50 kilos de pression dans un tuyau de 20 cm de diamètre. Si
vous doublez le diamètre du tuyau, à 40 cm, vous obtiendrez
alors la moitié de la pression. Avec une pression de 25 kilos, le
système ne subit aucun dégât. Par contre, si vous diminuez
à la moitié la taille du tuyau, la pression obtenue est le
double de celle pour laquelle le système a été conçu.
La contre-pression endommagera la pompe, réduira son rendement et
risquera de la faire exploser.
Lanalogie dans le domaine de laudio est un amplificateur de
100 watts branché à des haut-parleurs de 8 ohms. Si lutilisation
de haut-parleurs de 16 ohms est sans danger (bien quelle réduise
la puissance), lemploi de haut-parleurs de 4 ohms est sans doute la
meilleure façon dexploser votre amplificateur. Cest pourquoi
les amplificateurs de
guitare conçus pour fonctionner avec différents haut-parleurs
sont généralement équipés de transformateurs
de sortie de 4, 8 et 16 ohms, permettant dadapter le signal.
Vous entendrez aussi parler des termes de haute impédance et de basse
impédance. Les phonocapteurs de guitare et la plupart des microphones
dynamiques sont de haute impédance,
capables de supporter une impédance de plusieurs milliers dohms.
Les signaux de basse impédance sélèvent aux alentours
de 200 ohms. Bien que les signaux de haute impédance offrent une
tension plus élevée,quand ils son transmis par des câbles
dont la longueur dépasse les 14 m ils commencent à perdre
des hautes fréquences (en ce cas il faut les amplifier pour pallier
cette perte). Les signaux de basse impédance peuvent généralement
être transmis sur des distances bien plus longues sans aucune dégradation.
|
Le préamplificateur peut employer soit une lampe, soit des composants
solid-state. Avant de pouvoir comparer véritablement ces deux technologies,
nous devons évoquer quelques concepts fondamentaux. Principalement, il
existe trois manières de mesurer avec quelle précision un circuit
électronique transmet le son :
- La bande passante.
- La distorsion harmonique totale (DHT).
- La distorsion dynamique.
Le concept de bande passante est le plus facile à comprendre.
La bande passante permet simplement de savoir si les hautes ou les basses fréquences
sont atténuées, ou si des fréquences sont coupées
ou augmentées pour créer une bande passante non linéaire.
Les micros à lampes, tout comme les micros solid state, peuvent être
fabriqués sans que napparaissent des déficiences significatives
en termes de bande passante.
En ce qui concerne la distorsion harmonique, tous les composants électroniques
en génèrent une certaine quantité, cest-àdire
quils produisent des harmoniques absents de la source originale. La nature
de cette distorsion harmonique dépend davantage du circuit employé
que de la technologie utilisée (lampe ou solid-state). Les circuits Classe
A (dans lesquels tous les composants damplification traitent le signal
dans lensemble) ont tendance à générer des harmoniques
plus bas. Par contre, les circuits Classe B (dans lesquels les portions positives
et négatives de la forme donde sont amplifiées par deux
dispositifs distincts) produisent en général des harmoniques plus
hauts. Cest pour cela quil semble à la plupart des gens que
le son des circuits Classe A est plus chaud.
Cela nous mène au troisième élément, plus mystérieux,
appelé distorsion dynamique, que les fabricants, faute de technologie
adéquate, ne pouvaient mesurer il y a encore peu de temps. La distorsion
dynamique représente la précision ou transparence, particulièrement
importante au niveau du transitoire du tout début dun son. Prenons
lexemple dun claquement de doigt. Vous pouvez atténuer les
fréquences hautes et basses et/ou insérer une grande quantité
de distorsion et continuer malgré tout à percevoir le son comme
celui dun claquement de doigt. Par contre, modifiez la dynamique et ce
claquement peut rapidement perdre sa sonorité caractéristique.
En général, la précision de la reproduction de la dynamique
peut faire la différence entre un son plein et tridimensionnel et un
son plat et bidimensionnel.
Ironiquement, trouver la distorsion dynamique consiste à mesurer la partie
"sans importance" du signal et de ne pas mesurer celle qui importe,
c'est à dire celle qui agit sur une très petite partie du signal,
au niveau temporel : les transitoires. Détaillons un peu... Les micros
à lampes présentent une distorsion harmonique plus élevée
que les micros solid state. Pourtant, sil est possible de mesurer la différence
entre une DHT de 0,01 % et une DHT de 0,001%, entendre cette différence
est a priori impossible. En revanche, il est difficile de quantifier la distorsion
dynamique mais lentendre est chose facile. Les composants électroniques
des micros solid state présentent plusieurs ordres de grandeur et davantage
de distorsion dynamique que les micros à lampes. Ce facteur contribue
largement au caractère authentique des enregistrements réalisés
avec des micros à lampes.
Composants électroniques des microphones à
lampes
Le mythe du son chaud des lampes
On dit souvent que les amplificateurs à lampes offrent un son plus
chaud. On peut affirmer sans se tromper quun ampli à
lampes donnera à une guitare électrique un caractère
chaud,gras ou distorsionné. Il
est vrai que, dans ce cas, la distorsion est une qualité parfois
désirable mais dun autre côté, la distorsion est
lennemi de lingénieur qui cherche à enregistrer
un signal sonore original de manière fidèle et réaliste.
Vous avez là de la précision et de la transparence, à
la place dune coloration sonore que lon pourrait qualifier de
chaude. Heureusement, il existe plusieurs types de lampes et
de circuits associés offrant un son relativement transparent.
On dit aussi que les lampes donnent plus de chaleur aux enregistrements
numériques et cela impliquerait que la qualité des enregistrements
numériques nest pas tout à fait satisfaisante. Même
si les puristes préféreront toujours lanalogique au
numérique, le fait est quun grand nombre denregistrements
professionnels sont aujourdhui réalisés à laide
de systèmes numériques, tels que les cartes 24 bit /96 kHz
de la série Delta ou les dispositifs USB de M-Audio.Au lieu de dire
que les lampes réchauffent les enregistrements numériques,
il serait plus exact de dire que les microphones à lampes donnent
un son plus authentique,
plus agréable lors de lécoute, par rapport
aux défauts dynamiques dun microphone
solid-state.
Lenregistrement numérique a augmenté considérablement
la gamme dynamique, permettant une reproduction beaucoup plus fidèle
de la dynamique du matériel original. Cest peut-être
à cause de cela que les gens ont vite reproché à lenregistrement
numérique dêtre froid lors de lutilisation
de microphones solidstate. Par comparaison, en choisissant un micro à
lampes, tout devient soudainement plus chaud. En fait, lenregistrement
numérique nous a simplement
donné les moyens dentendre des différences
inaudibles auparavant, comme le fait que les lampes offrent, dun point
de vue dynamique, un son plus authentique que les appareils solid-state.
|
Les lampes sont plus chères à fabriquer que les composants électroniques
solid-state. En fait, le monde de laudio est lun des seuls où
les lampes ont de la valeur, même face à des composants électroniques
plus modernes. Lutilisation de cette obscure technologie tient quelque
peu de la magie.
La vie est ainsi faite que les lampes normales sont plus bruyantes que ne le
sont les composants électroniques solid-state. Même si cela représentait
un compromis acceptable compte tenu dautres considérations telles
que la distorsion dynamique, les constructeurs de microphones ont toujours travaillé
à réduire le bruit généré par les lampes
afin que puisse être obtenu un son le plus pur possible.
En général, plus la lampe est petite et meilleurs sont les résultats.
Les grosses lampes ont une plus grande tendance à être microphoniques,
autrement dit à générer des bruits dus aux mouvements mécaniques
des pièces internes. Elles nécessitent également des tensions
plus élevées, qui ont pour effet de faire monter la température
de l'ensemble et donc daccroître le bruit (provenant ici du bruit
dit "thermique").
Les micros à lampes de la plupart des fabricants intègrent des
lampes 12 volts telle que la 12AX7, un ancien modèle de lampe plus bruyant
lorsquil est incorporé à un micro. Certains constructeurs
équipent les microphones dune lampe 6 volts plus petite, plus silencieuse
et plus moderne (deux fois moins de tension, deux fois moins de bruit).
Conseil : lune des premières choses à savoir est
que les produits vendus comme étant des micros à lampes ne sont
pas tous équipés dune lampe au niveau du chemin du signal
principal. Certains micros bon marché très répandus intègrent
des circuits solid-state peu chers, dans lesquels une lampe est placée
dans la side-chain. (Sur certains modèles, il est possible de déconnecter
littéralement la lampe du circuit sans que cela nempêche
le micro de fonctionner !).
En théorie, la lampe est utilisée comme une sorte de processeur
permettant de réchauffer le son. La vérité
est que ces micros sont des micros solid-state qui se font passer pour des micros
à lampes de la manière la moins chère possible. Attention,
donc !
Le fonctionnement des lampes impliquant des considérations physiques,
les micros à lampes ont toujours dû compter avec des restrictions
physiques sur la longueur de câble allant du micro au bloc dalimentation.
En conséquence, les micros à lampes sont généralement
cantonnés à des câbles denviron 4m50. Cela oblige
parfois à employer des micros solid-state par exemple pour les prises
de son overhead de batteries ainsi que pour les enregistrements
à distance et dorchestre.
Composants électroniques des microphones solid-state
Les micros solid-state ont un coût de fabrication bien moindre que les
micros à lampes. Cest pourquoi on trouve ces composants dans les
micros à condensateur les moins chers du marché. (Comme mentionné
plus haut, certains fabricants placent des lampes de qualité médiocre
- agissant comme une sorte de circuit deffet - dans leurs micros solid-state
afin de pouvoir les vendre comme des micros à lampes.)
Les composants clé de la plupart des condensateurs solid-state sont constitués
par une série damplificateurs opérationnels. Au lieu de
cela, lensemble des micros solid-state Groove Tubes sont munis de transistors
FET (transistor à effet de champ). La logique veut que les amplis opérationnels
soient préférables du fait quils présentent
des quantités de distorsion harmonique inférieures. Or, comme
vu précédemment, si cette différence de DHT est mesurable,
elle est en revanche inaudible lors dune utilisation correcte du micro.
De plus, les amplificateurs opérationnels peuvent présenter beaucoup
plus de distorsion dynamique que les FET, ce qui pour le coup est tout à
fait audible. Enfin, beaucoup de modèles nécessitent plusieurs
amplificateurs opérationnels pour faire le travail dun seul FET.
La différence est telle que nombreux sont ceux qui estiment que le son
de nos micros solid-state est comparable à celui des micros à
lampes de la plupart des fabricants.
Crédits
Cet Article rédigé par Aspen Pittman, fondateur de la société
de microphones Groove Tubes - et musicien avant tout !
Il a été traduit en français par la société
M-Audio et adapté
par Psycom pour AudioFanzine.